Allocution à l’Université de Ngaoundéré

Allocution de S.E. M. l’Ambassadeur Peter Henry Barlerin “as prepared for delivery”

Université de Ngaoundéré
Mardi le 20 novembre 2018 

Madame le Recteur, Messieurs et mesdames les chefs d’établissement de l’Université de Ngaoundéré, autorités administratives et traditionnelles, membres du personnel et étudiants ; Je suis ému d’être ici à l’Université de Ngaoundéré.  J’aimerais exprimer ma gratitude à Madame le recteur, le professeur Uphie Chinje Melo, pour l’accueil chaleureux.

Avant toute chose, j’aimerais prendre un moment pour saluer la mémoire de M. Hamadjoda Adjoudji ancien ministre et président du Conseil d’administration de l’Université de Ngaoundéré.  La communauté universitaire a perdu un grand ami.  Je vous prie de vous joindre à moi pour un moment de silence en son honneur.

Vous venez tous de différentes régions du Cameroun et certains d’entre vous sont originaires des pays voisins, notamment le Tchad et la République centrafricaine.  Ce que vous partagez est l’intense désir d’acquérir des connaissances et des compétences en vue de pouvoir augmenter vos opportunités professionnelles.

Une formation universitaire vous permet de communiquer clairement, de penser de manière critique et d’incarner l’esprit d’initiative.  Il convient cependant de relever que les avantages de votre éducation se situent au-delà des leçons que vous apprenez en classe.  À l’Université de Ngaoundéré, vous vivez au sein d’une communauté différente de celle qui vous a vu grandir. Vous avez rencontré des personnes avec des idées et des perspectives différentes de celles que vous aviez.  Il est vous est loisir d’adopter leurs points de vue ou de conserver les vôtres.  Quel que soit votre choix, je vous demande de vous rappeler que des débats sains et un discours courtois sont nécessaires à une expérience universitaire fructueuse, ainsi qu’à une expérience satisfaisante de la vie, de manière générale.  Nous pouvons avoir des points de vue divergents et rester autour de la même table et profiter ainsi de la compagnie des autres.

Trop souvent, certains groupes ont tendance à mettre l’accent sur les griefs du passé et les divergences idéologiques pour attiser la violence.  Nous voyons cette résultante dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où des agriculteurs, des écoliers et d’autres civils épris de paix se retrouvent pris entre les forces de sécurité gouvernementales et les sécessionnistes, et où il n’existe aucun dialogue entre le gouvernement et nombre d’interlocuteurs dans ces deux régions.  Nous pouvons également la voir ici dans la région d’Adamoua, où l’on dénombre une multitude de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, des réfugiés centrafricains et des populations locales vulnérables qui œuvrent pour reconstruire leur vie.  Les avantages que tirent toutes les parties à un conflit qui œuvrent pour un règlement pacifique par le dialogue sans conditions préalables surpassent toute justification de la poursuite des hostilités.

Les États-Unis réitèrent ce principe.  À cet effet, nous parrainons des initiatives qui favorisent la réconciliation et la coexistence pacifique entre les divers groupes sociaux, religieux et ethniques du Cameroun.  La région de l’Adamoua a bénéficié de telles initiatives.  Grâce aux subventions accordées dans le cadre de nos programmes, nous proposons une formation professionnelle et entrepreneuriale aux jeunes Mborroro.  Ces formations permettent à ce groupe fragile d’acquérir des compétences nécessaires à leur prospérité financière et d’éviter des choix de vie qui mènent à la destruction.  Nous avons également encouragé l’intégration socio-économique des femmes déplacées à Meiganga  par le biais d’une formation pratique.  Grâce à ces nouvelles compétences, ces femmes qui ont tout perdu sont en mesure de créer de petites entreprises et de subvenir aux besoins de leurs familles.  En collaborant avec la Fondation El-Zoe, nous parrainons le programme « Kick for Peace », qui utilise des stages de football pour enseigner aux jeunes la valeur du travail d’équipe et la résolution pacifique des différends.  Cette année, l’un de ces stages se déroulera dans le département du Mayo-Banyo.  En outre, notre assistance humanitaire dans la région soutient les réfugiés et les populations hôtes vulnérables avec des programmes axés sur la santé, la sécurité alimentaire, les modes de subsistance, l’eau, l’assainissement et l’hygiène.

Un Cameroun pacifique contribue en outre à renforcer le les relations commerciales.  Au Cameroun, la moyenne d’âge est de 18 ans.  Ceci est est une explosion démographique de la jeunesse qui préfigure une période d’ingéniosité et de prospérité économique.  Les échanges commerciaux entre les États-Unis et le Cameroun ont atteint 280 millions de dollars en 2017.   Avec l’achèvement de la ligne de chemin de fer Ngaoundéré – N’Djamena, la région d’Adamoua deviendra un maillon essentiel pour le commerce et les transports dans la région.  Bien que le projet lui-même soit un effort commun des gouvernements camerounais et tchadien, le récent achat de plusieurs locomotives à hauteur de 35 millions de dollars auprès de la société américaine « General Electric » permettra de disposer d’une flotte moderne en vue de desservir cette liaison.  Pour les États-Unis, il y a un grand intérêt à renforcer cette relation, mais uniquement, dans un environnement de transparence et de concurrence loyale.

Nous offrons également plusieurs programmes d’échange qui permettent tous d’apprendre les meilleures pratiques les uns chez les autres et vice-versa.  Le Programme d’échange des jeunes leaders africains ou YALI a choisi neuf finalistes dans la zone de Ngaoundéré pour la sélection de 2018-2019.   Votre université a également profité d’autres programme d’échanges.  L’étudiante Collette Kernyuy Nyuydze , diplômée de l’ENSAI a bénéficié d’une bourse Fulbright.  Elle est actuellement inscrite dans un progrmame de maîtrise en biologie à l’Université d’Etat de Dakota du Sud.

J’aurais souhaité passer plus de temps dans la région de l’Adamoua.  Je n’ai pas encore eu l’opportunité d’apprécier la beauté naturelle du parc national de la Benoue.  Cependant, je suis certain ce voyage n’est pas le tout dernier que j’effectuerai dans votre région.  Votre hospitalité et votre accueil chaleureux me poussent à revenir.  Je tiens à vous exprimer ma gratitude pour m’avoir invité dans votre université et je vous souhaite plein succès dans vos études et au-delà.