Allocution du Chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis sur la prévention de l’extrémisme violent

Allocution du Chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis

A l’occasion de la clôture de la rencontre organisée par le PNUD et l’USAID sur la prévention de l’extrémisme violent

Le 23 septembre 2019

Chers représentants du Gouvernement,

Les membres de la communauté diplomatique,

Les membres de la société civile et de la communauté internationale,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur pour moi d’être avec vous ici aujourd’hui. Permettez-moi de commencer par remercier le PNUD d’avoir organisé cet événement à Yaoundé. C’est une opportunité pour ceux comme nous qui ne sont pas sur le terrain de vivre de près les défis auxquels sont confrontées les communautés des régions du Nord et de l’Extrême-Nord à cause de Boko Haram et ISIS Afrique de l’Ouest. En tant qu’organisations partenaires, pays donateurs et membres du gouvernement, nous pouvons beaucoup apprendre de ceux qui ont la sagesse et la perspicacité que seule une expérience du terrain peut donner.

Je tiens également à remercier nos partenaires gouvernementaux pour leur présence ici aujourd’hui et la possibilité offerte d’échanger avec la société civile et les donateurs. C’est une preuve que cette question est importante.

En matière de lutte contre Boko Haram et ISIS Afrique de l’ouest, les États-Unis ont été et restent un véritable allié et partenaire engagé du Cameroun et de la Région dans son ensemble.

Le soutien des Etats-Unis a permis d’afficher la nature complexe de la menace, notamment dans le cadre de la coopération militaire, le soutien au système de justice pénale, particulièrement avec l’assistance humanitaire et l’aide à la stabilisation, y compris le Programme d’aide à l’initiative communautaire d’un montant 29,3 millions de dollars, connu sous le nom de PAIC.

À la base, la menace extrémiste violente dans les régions de l’Extrême Nord et du Nord est fonction de la résilience de chaque communauté et de chaque individu. Même si les leçons apprises du travail d’autres organisations pour lutter contre l’extrémisme violent dans le monde sont utiles, il faut noter que pour être efficaces, chaque intervention doit être fondée sur le contexte et l’environnement de la communauté.

L’extrémisme violent dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord a touché tous les aspects de la vie et affaibli à long terme le tissu social, politique et économique de la société.

La menace demeure. Des vies continuent d’être détruites. Malgré les victoires sur le champ de bataille et les arrestations de nombreux combattants présumés, Boko Haram et ISIS-Afrique de l’Ouest continuent d’attaquer, de recruter et de pratiquer le lavage de cerveau.

Nous devons trouver des solutions aux problèmes urgents tels que l’aide humanitaire, les années de non-scolarisation des enfants, les ravages sur le plan économique, et les souffrances silencieuses causées par les traumatismes subis par chaque citoyen victime des années de terreur.

Mais nous devons aussi agir pour guérir les blessures du passé. Nous devons construire des sociétés plus résilientes et proposer des réponses gouvernementales qui permettent aux communautés de ne pas être des proies faciles en cas d’oppression, de manipulation, et de terrorisme.

Conscient du travail qui reste encore à faire, je tiens à vous remercier d’avoir pris ce moment de partage pour nous permettre de mieux comprendre les causes profondes, les leçons apprises et les moyens d’empêcher que ce que les communautés du Nord et du Grand Nord ont subi ne se répète.

Après plus de cinq années d’expérience durement acquise, les communautés locales, les autorités administratives, la société civile et les acteurs de la sécurité, peuvent aujourd’hui nous aider à savoir si les réponses étaient appropriées ou suffisantes, et nous dire comment prendre en compte les leçons apprises pour améliorer nos actions futures.

Je souhaite que cette rencontre donne un nouveau souffle au développement d’une approche nationale de prévention de l’extrémisme violent par les praticiens, les gouvernements et les acteurs du développement.

La vulnérabilité aux groupes extrémistes violents ne concerne pas uniquement la sécurité ; c’est aussi un problème de développement. La seule façon de vaincre Boko Haram et ISIS-Afrique de l’Ouest consiste à faire en sorte que tout le monde travaille ensemble et apporte tous les outils, ressources, mandats et compétences nécessaires pour s’attaquer à ce problème complexe.

Le travail de toutes les personnes présentes dans cette salle – ces acteurs qui travaillent sur le terrain – doit être applaudi et célébré.

Merci pour le travail que vous effectuez en faveur des communautés menacées par Boko Haram et ISIS-Afrique de l’Ouest et pour ce partage d’expérience avec nous tous ici aujourd’hui. Le gouvernement des États-Unis soutient sans réserve une approche de développement qui vise la prévention de l’extrémisme violent.