Point de presse sur le COVID-19 en Afrique et la riposte des États-Unis

Département d’État des États-Unis
Centre médiatique régional de l’Afrique
Le 2 avril 2020
Dre Meredith McMorrow, médecin de la Division grippe des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis,
Dr John Nkengasong, directeur de l’Africa CDC

Modératrice : Bonjour à toutes et à tous. Je m’appelle Marissa Scott, je suis la directrice du Centre médiatique régional de l’Afrique. Je tiens à vous indiquer que nous utilisons Zoom pour la première fois pour l’un de nos points de presse, alors soyez indulgents. En cas de problème technologique ou de coupure Internet, nous voulons vraiment nous assurer de pouvoir répondre au plus grand nombre possible de vos questions.

Encore une fois, bonjour à toutes et à tous de la part du Centre médiatique régional de l’Afrique du département d’État des États-Unis. J’aimerais souhaiter la bienvenue à nos participantes et participants venus de tout le continent et vous remercier toutes et tous de vous joindre à cette discussion.

Aujourd’hui, nous sommes très heureux d’être rejoints par la Dre Meredith McMorrow, médecin de la Division grippe des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis, et par le Dr John Nkengasong, directeur du Centre africain pour le contrôle des maladies.

Nos intervenants parleront de la réponse des États-Unis à la pandémie de COVID-19 en Afrique, et des actions de coordination avec les gouvernements nationaux sur le continent. Ils nous rejoignent depuis Pretoria, en Afrique du Sud, et Addis-Abeba, en Éthiopie.

Nous commencerons l’appel d’aujourd’hui par les allocutions d’ouvertures de la Dre Meredith McMorrow et du Dr John Nkengasong, puis nous passerons à vos questions. Nous essaierons d’en prendre le plus grand nombre possible pendant le temps dont nous disposons, soit environ 45 minutes.

Si vous souhaitez poser une question en direct à tout moment pendant le point de presse, veuillez l’indiquer en cliquant sur le bouton « lever la main », puis en saisissant votre nom, celui de votre média et l’endroit où vous vous trouvez dans l’onglet « questions et réponses ». Vous pouvez également saisir votre question complète directement dans l’onglet questions et réponses pour que je la lise à nos intervenants. Encore une fois, veuillez indiquer votre nom, celui de votre média et votre emplacement dans l’onglet « questions et réponses ».

Si vous souhaitez vous joindre à la conversation sur Twitter, veuillez utiliser le hashtag #AFHubPress et nous suivre sur Twitter @AfricaMediaHub.

Pour rappel, le point de presse d’aujourd’hui est enregistré.

Et sur ce, je cède la parole à la Dre Meredith McMorrow.

Dre McMorrow ?

Dre McMorrow : Bonjour. Bonjour à toutes et à tous. Je voulais donc juste parler brièvement de ce nouveau virus qui a été identifié en janvier 2020 : le SRAS-Coronavirus 2, qui est aussi le nom du virus qui cause la maladie à coronavirus, ou COVID-19. Il s’est rapidement répandu dans le monde entier.

Et au cours des trois premiers mois depuis que nous avons identifié ce virus à Wuhan, en Chine, nous avons eu plus de 700 000 cas confirmés et 33 000 décès dans le monde. Et il a été officiellement considéré comme une pandémie mondiale par l’Organisation mondiale de la santé.

En Afrique spécifiquement, le COVID a été identifié pour la première fois en Égypte le 14 février, puis le premier cas en Afrique subsaharienne a été identifié au Nigeria le 27 février de cette année. De nombreux pays du continent ont eu des difficultés à mettre en place une capacité de diagnostic, et je dirais que les rapports actuels sous-estiment probablement de manière significative le nombre de cas que nous avons ici en Afrique.

L’Afrique du Sud a diagnostiqué son premier cas le 5 mars de cette année, et depuis lors, nous sommes passés à plus de 1300 cas et 5 décès. Nous en sommes actuellement au septième jour d’un confinement national de 21 jours ordonné par le président Cyril Ramaphosa. Le gouvernement sud-africain tente de rendre les capacités de dépistage largement disponibles et de mettre en place un dépistage porte-à-porte dans les zones urbaines denses afin d’aider à identifier et à isoler les cas.

Le bureau des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis ici en Afrique du Sud est un partenaire technique étroit du département de la Santé et de l’Institut national des maladies transmissibles depuis plus de dix ans. Ces relations existantes nous aident à nous intégrer dans la structure locale de gestion des incidents liés au COVID-19 et à intervenir pour contribuer à l’élaboration de lignes directrices et de messages de communication. Et actuellement, le CDC-Afrique du Sud continue de fournir une assistance technique au gouvernement national en se concentrant sur l’endiguement de la propagation de ce virus et l’atténuation de l’impact du virus en Afrique du Sud.

À ce jour, nous – notre assistance a inclus l’implication du personnel technique et de communication, et l’aide à l’élaboration de lignes directrices pour la communication autour des risques, l’identification des cas, l’isolement, les tests et le traçage des contacts pour le COVID-19. À l’avenir, nous continuerons d’apporter notre soutien au département national de la Santé, à l’Institut national des maladies transmissibles et à nos partenaires provinciaux alors que nous visons à mieux faire connaître au public les moyens de prévention, de test et d’accès aux différentes stratégies pour atténuer la propagation du COVID-19. Je vous remercie.

Modératrice : Je vous remercie, Dre McMorrow. Nous allons maintenant commencer la partie questions-réponses de l’appel d’aujourd’hui. Veuillez noter que nous attendons toujours que le Dr John Nkengasong se joigne à l’appel. Et lorsqu’il le fera, nous veillerons à ce qu’il fasse une allocution d’ouverture.

Pour celles et ceux qui posent des questions, veuillez indiquer si vous souhaitez poser une question, puis tapez votre nom, votre emplacement et votre affiliation. Nous vous demandons de vous limiter à une question liée au sujet du point de presse d’aujourd’hui : le COVID-19 en Afrique et la réponse des États-Unis.

Alors, notre première question sera posée par Nick Turse de The Intercept. M. Turse, nous allons répondre à votre question en direct.

Notre technicien, veuillez ouvrir la ligne.

QUESTION : Merci beaucoup de faire cela ce matin. Au cours de la dernière décennie, les États-Unis ont dépensé beaucoup plus pour la lutte contre le terrorisme en Afrique que pour l’aide à la santé publique. Dans votre

[inaudible]

beaucoup plus de personnes que de terroristes. Je vous remercie.

Dre McMorrow : Je suis désolée, Nick, vous avez été coupé. Je ne sais pas si Marissa a mieux entendu la question, mais pourriez-vous répéter ?

Modératrice : M. Turse, veuillez répéter la question.

Opérateur, ouvrez la ligne.

Question : Oui —

Modératrice : D’accord, M. Turse —

Question : Je viens de mettre —

Modératrice : Voilà.

Question : — les questions-réponses – je viens de [inaudible] pour que vous puissiez la voir, mais je demandais [inaudible] que l’aide à la santé publique au cours de la dernière décennie. À votre avis, aurait-il fallu allouer plus de ressources à cette dernière, compte tenu des pandémies potentielles qui tuent beaucoup plus de personnes que —

Modératrice : Dre Meredith, je pense que vous avez compris l’idée générale de la question.

Dre McMorrow : Oui, je crois que j’ai compris.

Modératrice : D’accord.

Dre McMorrow : Exactement. Donc, évidemment, je ne suis pas membre du Congrès et je ne détermine pas les financements. Mais je pense qu’il y a eu un investissement substantiel du gouvernement des États-Unis en termes de soutien au PEPFAR, qui s’est élevé à plus de 85 milliards de dollars depuis sa création en 2003. Nous avons bien évidemment vu beaucoup d’autres organisations comme l’USAID et d’autres membres, d’autres parties du gouvernement des États-Unis, y compris les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies.

Donc, bien que certain [inaudible] nous prévoyons que cette pandémie pourrait causer des problèmes de santé publique [inaudible] importants ici, je ne dirais pas qu’il n’y a pas eu de soutien significatif dans le passé.

Modératrice : Je vous remercie. La question suivante, Dre McMorrow, est : « Qu’avez-vous à dire au sujet des milliers d’Africains qui ne prennent pas au sérieux le confinement ? »

Dre McMorrow : Je pense donc que c’est la meilleure chose que nous puissions faire pour protéger tout un chacun. Nous disposons d’un temps limité pour empêcher la circulation généralisée de ce virus dans les communautés. La meilleure chose que nous puissions tous faire maintenant est donc de pratiquer une bonne hygiène, la distanciation sociale, de prendre soin de nous-mêmes.

Je pense que le défi se situe évidemment dans des zones où les ressources sont peut-être limitées, et tout le monde n’a pas la possibilité d’appliquer cela sur ce continent. Et dans ces zones, alors c’est là que le gouvernement doit intervenir et essayer d’aider les personnes qui ne peuvent peut-être pas s’isoler parce qu’elles vivent dans une pièce avec plusieurs autres personnes.

Je pense que quelqu’un a son micro ouvert – peut-être Thomas. J’entends un petit retour. Donc je – pour que ce soit clair pour tout le monde – merci.

Donc oui, je pense qu’il est important que les Sud-Africains et les Africains en général, lorsque leurs gouvernements leur demandent de se confiner, ce soit vraiment notre meilleure défense contre la propagation de ce virus, qui s’est avéré être beaucoup plus grave que votre grippe moyenne.

Modératrice : Je vous remercie. Je crois comprendre que le Dr Nkengasong est maintenant en ligne. Nous ne l’avons qu’en audio.

Dr Nkengasong, m’entendez-vous ? Dr. Nkengasong ?

Ok, donc nous allons – Dr. Nkengasong ? D’accord. Nous allons donner au Dr Nkengasong et à nos techniciens la possibilité de tout mettre en ordre. Nous allons passer à la question suivante.

La question suivante est posée par Kevin Kelley de Nation Media Group au Kenya. Sa question est : « Compte tenu du faible nombre de tests effectués en Afrique, le Kenya, par exemple, avait effectué environ 1100 tests au 31 mars dans un pays de 45 millions d’habitants. N’est-il pas vrai que le nombre réel de cas de COVID-19 est nettement supérieur à celui déclaré ? »

Dre McMorrow : Donc, oui, il est probable que le nombre actuel de cas confirmés par des laboratoires officiellement déclaré soit une grossière sous-estimation du poids réel de la maladie COVID-19 en raison des problèmes que vous avez soulignés.

Parfois, il est – en ce qui concerne le poids réel, il est difficile à estimer, car les symptômes du COVID-19 sont très similaires à ceux d’autres virus, et ils sont très peu spécifiques.

Il est quelque peu rassurant de constater que nous n’avons pas observé ou entendu parler d’une forte augmentation des maladies respiratoires graves en ce – en cette période. Mais bien sûr ici en Afrique du Sud, nos systèmes de surveillance pour

[inaudible]

sont axés sur un nombre relativement faible de postes sentinelles, et je pense que c’est vrai pour la plupart des pays d’Afrique. Cela peut donc limiter leur utilité, maintenant dans cette période initiale, pour nous indiquer où concentrer nos actions. Mais ils nous serviront vraiment à surveiller les tendances de la maladie et les facteurs de risque de maladies graves, ainsi que d’autres informations importantes sur le contrôle de la maladie COVID, une fois qu’il y aura une transmission plus large au sein de la communauté.

Modératrice : Je vous remercie Dre McMurrow. Je crois que nous avons le Dr Nkengasong en ligne.

Dr Nkengasong, vous devez ouvrir le micro de votre téléphone. Dr. Nkengasong, êtes-vous en ligne à présent ?

Dr Nkengasong : Oui, je suis en ligne maintenant.

Modératrice : D’accord. Souhaitez-vous faire votre allocution d’ouverture ?

Dr Nkengasong : Oui —

Modératrice : Ok, il semble que nous ayons perdu le Dr Nkengasong. Nous nous efforcerons de le récupérer. Pendant que nous essayons, nous allons passer à une autre question.

Dr Nkengasong, êtes-vous là ?

Bon, nous allons passer à une autre question. La question suivante est posée par Anna Cara de The Associated Press en Afrique du Sud. Sa question est : « Le nombre de cas signalés en Afrique est-il artificiellement bas » – nous voyons une répétition de certaines de ces questions – « en raison de la pénurie de matériel d’analyse et des retards dans les résultats ? Et, le cas échéant, quelle est l’estimation la plus probable du nombre de cas en Afrique ? De plus, avec quels pays africains avez-vous été incapable de coordonner vos actions jusqu’à présent, et pourquoi ? »

Dre McMorrow : Donc, nous avons beaucoup de chance. Nous avons du personnel du CDC dans un certain nombre de pays africains qui travaillent en étroite collaboration avec les ministères de la Santé et les partenaires locaux, notamment les laboratoires nationaux de référence. Et nous n’avons pas vraiment eu beaucoup d’obstacles à l’assistance de cette manière, et à la collaboration.

Donc, je pense que nous croyons fermement que chacun reconnaît la gravité de la situation et l’impact potentiel qu’elle pourrait avoir sur sa population. Ils prennent cette maladie très au sérieux. Et donc, beaucoup de ces barrières traditionnelles semblent s’être évaporées, car tout le monde est très préoccupé par cette épidémie à venir.

Encore une fois, je pense que vous avez tous entièrement raison et que nos chiffres actuels sont sous-estimés. Cela s’explique en partie par nos propres difficultés à essayer de donner la priorité au dépistage des personnes qui, selon nous, sont les plus susceptibles d’être atteintes de la maladie. Ainsi, ici en Afrique du Sud, beaucoup de nos définitions de cas ont été limitées aux personnes qui ont été en contact avec un cas, ou qui ont récemment voyagé.

Et donc, à mesure que nous constaterons une plus grande propagation au sein de la communauté, nous pourrions devoir mettre à jour ces définitions de cas pour pouvoir tester davantage de personnes ayant contracté leur maladie localement. Et je pense que c’est probablement vrai pour de nombreux autres pays, que nous devons modifier les définitions de cas, mais aussi accroître la capacité d’analyse des laboratoires.

Modératrice : Je vous remercie. Nous allons maintenant passer à une auditrice par téléphone, à Verah, qui a la main levée.

Verah, nous voulons que vous posiez votre question.

Opérateur, veuillez ouvrir la ligne.

Verah, veuillez également identifier votre média.

Question : Bonjour. Je vais donc poursuivre et poser ma question. Je voulais poser une question à propos de l’Africa CDC, mais il semble qu’il n’est pas là. Je voulais juste savoir s’il reçoit les fournitures dont il a besoin, étant donné qu’il s’agit d’une jeune organisation, qui n’a que trois ans, et qu’il est censé intensifier son travail, comme son homologue aux États-Unis. Je voudrais donc demander au Dr John s’il a quelque chose à dire. Obtient-il le soutien dont il a besoin ? Est-ce que de l’argent arrive ou un autre soutien technique pour que vous puissiez travailler avec les autres ?

Et puis à la Dre Meredith, j’aimerais me renseigner au sujet du caractère aérogène. Pourriez-vous clarifier ce point ? Car y a beaucoup de confusion autour de cela. Les gens tirent leurs propres conclusions et maintenant, avec l’histoire des masques, les travailleurs de la santé de mon pays n’ont pas assez de matériel et le public est vraiment paniqué. Voilà, c’est tout.

Dre McMorrow : Bien sûr. Je vous remercie donc pour ces questions. Le Dr Nkengasong est-il là ou l’avons-nous encore perdu ?

Modératrice : Je crois donc que nous l’avons, mais si vous voulez d’abord répondre à votre partie de la question, nous passerons ensuite au Dr – nous essaierons de passer au Dr Nkengasong.

Dre McMorrow : D’accord. Je ne peux donc pas parler au nom de l’Africa CDC, mais je vous dirai que mon expérience avec eux est très bonne et très positive ces derniers temps. Ils ont été très utiles pour aider les pays à mettre en place des capacités de diagnostic et pour leur fournir assez tôt des kits de diagnostic. J’espère donc que le Dr Nkengasong pourra vous donner plus d’informations sur leurs travaux. Mais de mon point de vue, ils font un excellent travail de coordination et fournissent les réactifs nécessaires aux laboratoires.

En ce qui concerne la transmission aérogène, je pense qu’il y a beaucoup de confusion à ce sujet. Et cela est dû en partie au fait que nous, en tant que scientifiques médicaux, ne sommes pas toujours très clairs dans nos communications. Et je suis certainement coupable de cela comme n’importe qui d’autre.

Donc – mais ce que je dirai, c’est que je pense que tout cela a été soulevé à nouveau par l’article du New England Journal. Donc, l’article du New England Journal qui parlait de la façon dont le virus pouvait être aérosolisé puis rester en suspension dans l’air pendant trois heures, ils ont en fait utilisé une machine très sophistiquée pour forcer le virus à être aérosolisé. Ce n’était pas comme s’ils avaient un patient malade et l’avaient laissé tousser pendant un moment, et qu’il y avait ensuite tout ce virus aérosolisé dans l’air. Ils ont en fait utilisé [inaudible] pour parvenir à cet aérosol.

Oh, je vois le Dr Nkengasong, donc je vais rapidement terminer mon explication sur l’aérosolisation, et le laisser s’occuper de la question concernant l’Africa CDC.

Je pense donc qu’en général, ce à quoi nous nous attendons, c’est que la très grande majorité de la transmission se fera par les gouttelettes respiratoires. Et c’est contre cela que les gens ont le plus besoin de se protéger. Nous n’avons pas la preuve qu’une personne moyenne toussant ou ayant des symptômes réguliers comme l’éternuement et la toux puisse produire un virus aérosolisé. Donc, si nous nous protégeons tous correctement contre les gouttelettes respiratoires, je pense que nous ferons un excellent travail pour réduire de 95 % ou plus les transmissions.

Maintenant, il pourrait y avoir une petite quantité de transmissions qui pourrait se produire à partir de personnes asymptomatiques. Et, nous le constatons avec la grippe, il arrive que de petites quantités de virus soient aérosolisées. Mais en général, ce n’est pas suffisant pour provoquer la maladie chez les personnes, ou – et donc nous obtiendrons des informations supplémentaires sur le COVID au fur et à mesure que d’autres études seront réalisées.

Je pense que pour l’instant, nous sommes assez confiants dans le fait que la grande majorité de la transmission se fait par les gouttelettes respiratoires et non par l’aérosolisation.

Modératrice : Je vous remercie, Dre McMorrow.

Dr Nkengasong, nous sommes heureux que vous soyez en ligne. Je ne suis pas sure que vous ayez entendu la question initiale concernant la réponse et la coordination avec les différents pays d’Afrique. Mais si c’est le cas, merci d’y répondre et de faire également une brève allocution d’ouverture.

Dr Nkengasong : Je vous remercie. Vous m’entendez maintenant ? Bien. Je pense que je suis là depuis le début, mais en raison de problèmes technologiques, je n’ai pas pu prendre part à l’appel. Je vous remercie donc pour cette opportunité.

Tout d’abord, juste pour vous donner une mise à jour très rapide de la situation en Afrique, nous avons actuellement environ 6000 cas sur le continent, et environ 15 pays ont franchi le cap des 100 cas dans leur pays, donc, en comparant l’évolution de ces COVID-19 en Afrique chaque semaine, nous voyons que, bien sûr, nos chiffres augmentent de manière significative. Nous avons actuellement environ 220 décès à travers le continent que l’Africa CDC surveille, et il est également important de noter qu’environ 460 de ces patients se sont rétablis. C’est important.

En ce qui concerne la riposte de l’Afrique, je pense que très tôt, lorsque l’Égypte venait de signaler le premier cas, le premier cas important, le 14 février, je crois, nous avons immédiatement demandé une réunion d’urgence des ministres de la Santé des 55 États membres. Et lors de cette réunion, le Dr. Tedros, le directeur général de l’OMS, s’est exprimé par appel vidéo. Le Dr Morrissey [ph] y a assisté en personne. Il y a eu deux résultats majeurs, car nous avons rapidement réalisé que nous avions besoin d’une approche continentale pour cela – pour la pandémie. Les deux résultats majeurs ont été la nécessité d’avoir une stratégie continentale et deuxièmement, d’établir une task force qui tirerait parti de tout le capital humain et de tous les actifs qui existent sur le continent.

Nous avons donc, comme vous le savez probablement, la task force africaine pour la préparation et la réponse aux coronavirus, qui compte au moins cinq groupes de travail. Et c’est grâce à ces groupes de travail que, comme l’a mentionné ma collègue des CDC des États-Unis, nous avons pu très rapidement étendre les diagnostics de deux pays seulement à – pour trois pays, et maintenant à – environ 48 pays là-bas.

Je pense donc que la phase de préparation est terminée, nous sommes dans la phase de riposte. Et certains des défis dont nous avons parlé précédemment sont vrais : la capacité de disposer de produits de base globalement, qui commencent à manquer, au niveau mondial ; nous nous battons vigoureusement pour continuer à soutenir les États membres avec des produits de base, des diagnostics, des équipements de protection individuelle.

Je pense que je vais m’arrêter là dans le cadre de mon allocution d’ouverture, et attendre les questions.

Modératrice : Je vous remercie, Dr Nkengasong.

La prochaine question nous vient d’Anita Powell, de Voice of America News à Johannesburg. Et cette question s’adresse peut-être à vous deux : « Par de nombreuses mesures objectives, la réaction des États-Unis à cette pandémie a été retardée, et certains critiques disent qu’elle est désastreuse. Alors pourquoi les États-Unis devraient-ils conseiller qui que ce soit à ce sujet, en particulier les nations africaines qui ont un bilan respectable en matière de lutte contre les épidémies ? Et est-ce une voie à double sens ? Le CDC africain offre-t-il des conseils ou une assistance pour la crise aux États-Unis ? Enfin, cette nouvelle dynamique pourrait-elle laisser présager d’un changement dans les relations diplomatiques entre les États-Unis et l’Afrique ? »

Dr Nkengasong : Donc, voulez-vous que je commence ?

Modératrice : Bien sûr, Dr Nkengasong.

Dr Nkengasong : Je serai heureux de le faire. Je veux dire, comme je l’ai mentionné plus tôt, il y a – le rôle central de notre stratégie de riposte est étayé par quelques principes : nous ne pouvons pas gagner la bataille ou la guerre contre le COVID-19 en Afrique si nous ne travaillons pas en collaboration, si nous ne travaillons pas en coopération, si nous ne communiquons pas efficacement à travers le continent, et si nous ne coopérons pas – si nous ne collaborons pas à travers le continent. Je pense donc que ce sont là les éléments centraux – le rôle central de la stratégie continentale.

Nous reconnaissons que le COVID-19 ne sera pas résolu dans un État membre, sauf s’il est résolu dans tous les États membres. C’est un fait. Donc, en supposant que l’Afrique du Sud soit confinée, qu’elle ait tout nettoyé et tout, que vous n’avez aucun cas de COVID là-bas. Ensuite, rien ne vous dit que vous n’aurez pas de cas importés de la région de la CDAA ou même de très loin. Je pense donc que c’est là le rôle central de notre stratégie, dont nous sommes – maintenant qu’elle a été approuvée au plus haut niveau du continent, par le bureau des chefs d’État, qui les a approuvés jeudi dernier, et qui le fera à nouveau demain.

Je pense donc, en ce qui concerne les enseignements que nous pouvons en tirer, je ne crois pas avoir de leçons à offrir aux États-Unis, mais plutôt de regarder le continent de 1,2 milliard d’habitants et me dire : « Comment pouvons-nous nous donner la main et utiliser tous les atouts dont nous disposons ? » C’est le problème de l’Afrique, et nous sommes à l’aube d’une épidémie, et nous devons trouver des solutions qui sont africaines par nature pour faire face à notre situation.

Par exemple, nous n’allons pas – nous ne fabriquons pas de diagnostics sur le continent, nous importons les diagnostics. On en arrive donc à un certain point où l’on se dit : « Eh bien, comment pouvons-nous utiliser la combinaison d’essais sérologiques et même de symptômes, d’accord, pour gérer notre situation ? » Nous ne pouvons pas nous fier aux expériences qui ont lieu à Singapour ou qui se passent aux États-Unis. Nous devons trouver nos propres solutions au niveau local.

Nous devons trouver nos solutions localement pour nous occuper de la distanciation sociale, que ma collègue a évoquée plus tôt, ce qui est essentiel. C’est une stratégie connue et éprouvée en matière de santé publique que nous devons accomplir sur le continent. C’est une obligation. Il ne s’agit pas d’une situation du type nous essayons et travaillons dur. Il s’agit d’une obligation de gagner la bataille contre le COVID en Afrique pour survivre. Il s’agit d’une menace existentielle pour notre continent.

Modératrice : Dre Meredith, voulez-vous répondre à la partie américaine de cette question ?

Dre McMorrow : Bien sûr. Donc, je pense que les États-Unis souffrent sans aucun doute en ce moment de cette pandémie. Le nombre de cas augmente chaque jour, et certaines régions du pays sont assez dépassées dans leur réponse à la pandémie.

Je pense donc que cela a probablement limité notre capacité à réagir rapidement dans certaines régions. Mais nous le faisons – nous avons la chance d’avoir des médecins membres du personnel dans le monde entier et sur tout le continent qui sont capables de réagir rapidement et d’aider à la planification et à la coordination, en collaboration avec des partenaires comme l’OMS et l’Africa CDC.

Je pense donc, le Dr Nkengasong a tout à fait raison, qu’il s’agit d’une stratégie et d’une action communes, et non d’une stratégie dirigée par les États-Unis, et que nous faisons simplement partie des nombreuses personnes qui apportent leur soutien aux gouvernements locaux dans leur réponse à la pandémie de COVID.

Dr Nkengasong : Et juste pour relier l’Afrique aux États-Unis, je veux dire qu’il est très clair dès le départ que les batailles devront être menées localement, mais que la guerre doit être gagnée mondialement. Ce sera donc la solidarité mondiale et l’action mondiale qui fonctionneront. Ce ne peut pas être une victoire américaine, ce ne serait qu’une victoire à court terme. Cela doit être une victoire mondiale avant que nous nous considérions à nouveau en sécurité.

Modératrice : Je vous remercie, Dr Nkengasong. Nous allons aller vers quelqu’un qui a la main levée. Nous avons de nouveau Nick Turse.

M. Turse, vous pouvez à nouveau poser votre question pour The Intercept depuis le Burkina Faso.

Opérateur, ouvrez la ligne.

M. Turse, vous pouvez poser votre question.

Question : Depuis janvier – oui. Depuis janvier, les États-Unis ont-ils envoyé les ventilateurs et/ou les EPI dont les pays africains ont cruellement besoin ? Et, si oui, combien et vers quels pays ? Sinon, pourquoi ?

Dre McMorrow : Donc, je n’ai pas l’aperçu complet de ce qui se passe dans chaque pays, mais je peux dire que, pour l’instant, une grande partie des fournitures médicales et des EPI disponibles aux États-Unis sont utilisés aux États-Unis, et que nous aidons à l’approvisionnement et à la fourniture d’EPI pour les pays par le biais de notre USAID, de nos CDC et d’autres ressources du département d’État. Et ces spécificités dépendent de ce que les pays ont demandé et de la disponibilité des fonds.

Nous essayons donc de répondre, et de répondre le plus rapidement possible. Il y a des pénuries globales dans le monde entier de certains de ces EPI, et nous essayons donc de procéder à ces approvisionnements le plus rapidement possible pour soutenir les réponses nationales ici sur le continent.

Modératrice : Pour continuer sur le thème des EPI, nous avons une question de – voyons voir, de qui est-ce ? Kanthan Pillay de CliffCentral.com en Afrique du Sud. Sa question est : « Quelle est la position du CDC aux États-Unis et du CDC africain en ce qui concerne l’utilisation de masques faciaux lorsque les gens sortent en public ? Doivent-ils les utiliser ou non ? »

Dr Nkengasong : Laissez-moi commencer. La réponse est non, nous n’avons aucune preuve que l’utilisation du masque facial en public réduira la transmission. Nous avons de nombreuses leçons à tirer de la Chine. Nous savons également que le virus, comme ma collègue l’a expliqué plus tôt, n’est pas aérogène et ne se déplace pas dans l’air, il n’y a donc absolument aucune raison de recommander cela pour le moment, pour une utilisation à grande échelle sur le continent, et nous n’allons pas, en tant qu’Africa CDC, recommander cela.

Dre McMorrow : Oui, je suis d’accord avec le Dr Nkengasong. Je pense qu’il est important de se concentrer sur des choses comme les respirateurs N95. Les travailleurs de la santé ont désespérément besoin de ces masques en ce moment, et le public ne devrait pas porter partout des respirateurs N95, A, parce qu’ils font très rarement l’objet d’un essai d’ajustement ou d’un apprentissage sur la façon de les porter correctement, et donc – et B, parce qu’il y a une telle pénurie qu’ils sont vraiment terriblement nécessaires dans les établissements de santé.

Donc, avant toute chose, je recommande vivement au public, s’il a accès à des respirateurs N95, de les mettre à la disposition des prestataires de soins de santé, qui sont beaucoup plus exposés au risque d’infection en raison de certains des actes qu’ils doivent effectuer et qui génèrent des aérosols, comme l’intubation des patients, la ventilation des patients, la RCP des patients.

L’autre chose est donc que les masques chirurgicaux commencent également à manquer sur le continent, et ils doivent donc être réservés aux prestataires de soins de santé autant que possible.

Maintenant, il y a quelques données intéressantes qui paraissent, et je pense que le CDC pourrait lentement changer certaines de ses idées sur les avantages potentiels d’autres masques, comme les masques faits maison et d’autres masques ; pas nécessairement pour protéger la personne qui porte ce masque, mais pour empêcher cette personne de potentiellement tousser ou éternuer, et de propager le virus dans une zone. Donc, restez à l’écoute. Je pense qu’avec le temps, nous pourrions modifier certaines de nos recommandations, ou être plus ouverts à cela. Mais je pense que, pour beaucoup de gens, parce qu’ils n’y sont pas habitués, il y a ce risque que, en ajustant le masque, ils touchent leur visage plus qu’ils ne l’auraient fait autrement. Nous essayons donc d’être prudents sur ce que nous recommandons. Mais je pense qu’il faut rester à l’écoute. Nous commençons à réfléchir davantage au rôle que cela pourrait jouer dans la réduction de la transmission.

Modératrice : D’accord. La question suivante est posée par Brooks Spector du Daily Maverick : « Veuillez évaluer l’impact de la multiplicité des messages de Washington et de leur caractère contradictoire quant aux réponses mondiales pour faire face au COVID-19. Comment ces messages sont-ils recentrés et affinés ? »

Dre McMorrow : Il serait utile que je sache précisément à quels messages vous faites référence. Mais je pense que nous sommes tous en train d’apprendre à connaître ce virus, et donc certains des messages que nous avons pu partager au début de la pandémie ne sont peut-être pas ceux que nous choisirions de partager maintenant.

Modératrice : Je vous remercie. La prochaine question s’adresse à vous deux. Il y a beaucoup – mais j’aimerais que le Dr Nkengasong commence : « Il y a beaucoup de désinformation et de mésinformation sur le continent au sujet du COVID-19. Pouvez-vous nous dire quel est leur impact sur vos actions pour freiner la propagation du virus sur le continent ? »

Dr Nkengasong : C’est une très bonne question. Nous – l’expérience avec le COVID-19 continue de souligner l’importance d’instaurer la confiance et d’avoir une relation avec la communauté avant de devoir faire face à de telles épidémies. La mésinformation de la communauté provient de la défiance que j’ai mentionnée, et nous avons vu qu’en RDC, pendant cette – l’actuelle épidémie d’Ebola, où jusqu’à – quand nous avons commencé à arranger les relations avec la communauté, il était difficile de gagner leur confiance, et de faire réellement des avancées dans le contrôle d’Ebola. C’est la même chose que nous observons dans – pour le COVID, surtout au début.

Il y aura, bien sûr, comme on s’en doute, différentes théories, comme on peut s’y attendre du point de vue du comportement humain, différentes hypothèses, et ce n’est pas unique à l’Afrique ; c’est mondial. Cela ne fait donc que souligner le fait que l’approche traditionnelle de la santé publique doit être reconsidérée, et doit commencer à faire participer la communauté que j’ai mentionnée.

Aussi, nous créons des champions dans les communautés, nous créons des leaders dans les communautés, et nous utilisons – ou influençons, afin que notre message puisse être correctement adressé au bon public et d’obtenir sa coopération. Sans cela, vous continuez de recevoir toutes sortes d’informations erronées et toutes sortes de facteurs de peur qui pèsent et il devient plus difficile de contrôler l’épidémie ou la pandémie.

Modératrice : Je vous remercie. La prochaine – oh, je vous en prie, Dre McMorrow.

Dre McMorrow : Non, je pense que c’était une excellente réponse. Et je pense que l’autre chose à reconnaître est que l’Afrique est tellement variée. Il y a tant de communautés différentes et chaque pays a une pléthore – je veux dire, l’Afrique du Sud ici a 11 ou 14 langues nationales différentes. Il est donc très important que nous nous concentrions sur le type de messages de communication appropriés et que nous adaptions les messages de communication au pays et à la communauté concernés, selon les besoins.

Nous travaillons donc en étroite collaboration avec l’OMS et nos homologues nationaux pour tenter de combattre les mythes et les messages erronés lorsqu’ils émergent.

Modératrice : Je vous remercie. La prochaine question est posée par Sarah Nanjala du Daily Nation au Kenya : « Quand, selon vos prévisions, auront lieu les pics d’infection et de mortalité dans les pays africains, et quels sont les facteurs de risque les plus élevés pour les pays africains dans la lutte contre le COVID-19 ? » Dr. Nkengasong ?

Dr Nkengasong : Oui. Je pense que nous prévoyons que dans les trois ou quatre prochaines semaines, nous commencerons à voir plus clairement où cela nous mène. Et pourquoi cela ? Car nous prévoyons que, d’ici la troisième ou quatrième semaine, le virus commencera à germer dans les différentes communautés ou sous-communautés. Par exemple, dans les populations les plus vulnérables dans les bidonvilles autour des capitales, ou voire s’étendre dans des zones reculées. Je pense que nous allons commencer à comprendre la gravité de cette pandémie. Nous ne savons toujours pas pour l’Afrique.

Je veux dire qu’il y a trois choses que nous devons projeter pour l’Afrique. La première est que cela devienne une pandémie légère, la seconde est que ce soit une pandémie modérée et la dernière qu’il s’agisse d’une pandémie grave. Et plusieurs facteurs détermineront cela : là où le virus est semé, comme je l’ai dit, si nous le semons amplement dans les régions reculées et/ou les bidonvilles, cela deviendra très difficile.

Deuxièmement, nous ne savons pas pour l’instant le rôle que jouera la comorbidité. Nous avons tant de personnes dans plusieurs régions d’Afrique, selon le pays, infectées par le paludisme, la tuberculose et le VIH. Une grande partie de notre population souffre de malnutrition, nous ne savons donc pas dans quelle mesure ces facteurs vont jouer dans la dynamique et la projection du COVID-19.

Nous savons aussi que notre population est assez jeune. Je veux dire qu’au moins 70 pour cent de notre population a moins de 30 ans, et cela peut aussi être un facteur, mais nous ne savons pas dans quelle direction cela ira. Si nous considérons la situation strictement du point de vue de la mortalité, vous pourriez argumenter, sur la base de ce que nous avons observé en Chine, que cela pourrait être quelque chose qui jouera en notre faveur, mais nous ne connaissons pas tous les facteurs sous-jacents.

Vous commencez également à voir aux États-Unis que les jeunes – un bon nombre de jeunes – sont dans les hôpitaux et ont besoin d’oxygène et d’autres services. Nous sommes donc encore au début. Comme je l’ai dit, c’est le matin d’une pandémie. Il y a beaucoup à apprendre de cette expérience, et nous le faisons activement. Comme on disait avec le VIH/sida, vous devez apprendre à connaître votre épidémie. Dans cette situation, nous devons connaître notre pandémie afin de mieux y répondre et de développer des systèmes pour – qui sont adaptés à notre propre réponse.

Modératrice : Je vous remercie. Nous allons maintenant passer à July Nafuka de Namibia Broadcasting Corporation. Sa question est : « Y a-t-il des progrès dans l’obtention d’un vaccin ou d’antibiotiques contre le COVID-19 ? »

Dr Nkengasong : Il y a certainement, à l’heure où nous parlons, plus de 30 vaccins candidats qui sont à l’étude – c’est tout du moins ce que je sais. Je suis également membre du conseil d’administration de la Coalition pour l’innovation en matière de préparation aux épidémies. Ils accélèrent plusieurs vaccins candidats à tous les niveaux. Je veux dire qu’il doit aussi être très, très, très clair que nous n’aurons pas de vaccin dans les deux prochains mois. Cela prendra plusieurs mois, si nous avons de la chance. Peut-être un an voire un an et demi avant que nous disposions d’un véritable vaccin qui soit efficace et sûr pour les gens.

Je sais également que de nombreux essais cliniques sont en cours, et nous espérons que certains d’entre eux qui sont – conduiront à des résultats prometteurs qui seront largement disponibles. Maintenant, pour le continent africain, nous commençons à faire connaître notre position très clairement, à savoir qu’il y a des problèmes d’accès à ces vaccins et traitements. Nous ne voulons pas attendre que les vaccins soient disponibles, puis entamer une discussion sur l’accès et l’équité. Et il en sera de même pour les traitements ou tout autre médicament en cours d’essai. Donc, nous voulons avoir – commencer à discuter maintenant et aborder les questions d’accès et d’équité pour le continent.

Dre McMorrow : Marissa, je crois que votre micro est coupé.

Modératrice : [Rires.] Je vous remercie. Nous allons aller au Kenya, en Afrique de l’Est. Question d’Elizabeth Merab de Nation Media Group. « Que peuvent faire les pays africains pour aplatir la courbe ? »

Dr Nkengasong : Ma recommandation – vraiment – est de mettre en œuvre les mesures de santé publique connues et de suivre les directives de l’OMS et de l’Africa CDC. Nous avons publié plusieurs documents d’orientation, dont celui relatif à la distanciation sociale. Nous avons également émis des recommandations et des conseils sur ce que vous devez faire lorsque vous avez peu de cas et que vous avez – commencez à constater une transmission au sein de la communauté et une transmission généralisée. L’OMS a fait de même.

L’essentiel pour nous est de ne pas recourir à des mesures susceptibles de semer la panique, mais d’utiliser des interventions éprouvées et connues pour leur efficacité dans le cadre de la santé publique, et d’aplatir la courbe. Les pays se sont confinés. La plupart des pays ont mis en place des mesures de confinement, mais l’opportunité est maintenant – par exemple, nous savons que le Nigeria – que la ville de Lagos est confinée. Nous savons que l’Afrique du Sud est confinée.

Maintenant, l’opportunité est désormais d’intensifier les mesures de santé publique d’une certaine manière – et de les intensifier rapidement, de manière à profiter des deux semaines de confinement pour faire deux choses : premièrement, identifier les personnes infectées, les isoler ; deuxièmement, identifier leurs contacts, les suivre pendant un certain temps et comprendre ce qui se passe. Si nous faisons ces choses avec ces mesures de confinement, nous avons de bonnes chances de rouvrir et assouplir ces mesures de confinement de manière progressive, nous pourrons contenir le virus. Je pense que c’est très important. Mais comme je ne cesse de le répéter, cela nécessite la coopération et la collaboration de la communauté. Sans la pleine coopération de la communauté, cela ne serait pas efficace.

Modératrice : Je vous remercie. Nous avons une question des Comores de la part de Houmi Ahamed-Mikidache. « Pensez-vous que l’Afrique devrait prendre de l’hydroxychloroquine ? Et pensez-vous que cette chloroquine soit le remède miracle potentiel contre le COVID-19 ? »

Dre McMorrow ?

Dre McMorrow : Donc, actuellement nous ne recommandons pas aux gens de prendre de la chloroquine de manière générale. La chloroquine est réservée aux personnes qui présentent des signes de maladies très graves, qui sont sous respirateur et qui ne progressent pas comme on le souhaiterait. Nous l’utilisons donc vraiment en quantités limitées. Nous attendons toujours des données concluantes pour savoir si elle apporte réellement un avantage significatif. Elle semble suggérer quelques bénéfices, mais là – le jury est encore en train de se pencher sur la question. Des études doivent encore être réalisées dans une bien plus large mesure pour que nous puissions comprendre.

Nous examinons également d’autres traitements potentiels, comme le Remdesivir et d’autres médicaments, comme le Lopinavir et le Ritonavir qui ont été utilisés contre le VIH. Je pense donc que nous sommes tous à la recherche de ce remède miracle, nous sommes tous à la recherche de ce médicament qui aidera les patients à ne pas développer de maladie grave. Mais pour l’instant, nous ne disposons pas d’un médicament connu qui puisse prévenir cette grave maladie.

Modératrice : Une question d’Éthiopie, de Coletta Wanjohi, du réseau Food and Security Network : « Avez-vous une idée de la raison pour laquelle nous ne voyons pas autant de cas dans les pays africains ? Le CDC africain s’adresse-t-il aux gouvernements ? Et ont-ils – pour une raison quelconque – offrent-ils l’aide dont ils ont besoin pour la surveillance et le dépistage ? »

Dr. Nkengasong ?

Dr Nkengasong : Oui. Je pense que la réponse à ces deux questions est oui, oui. Et c’est ce que nous faisons depuis le jour zéro. Excusez-moi. Et nous avons souvent entendu dans les domaines du diagnostic, de la surveillance renforcée et du dépistage dans les aéroports, dans les domaines de la prévention et du contrôle des infections, dans les domaines de la communication des risques. Donc, tout cela, nous avons impliqué les gouvernements très, très tôt, depuis janvier, et nous continuons de le faire maintenant.

Il est très important de noter que chaque semaine, nous nous coordonnons avec tous les États membres par le biais de notre centre de gestion des opérations d’urgence pour continuer à travailler avec les dirigeants du continent afin de résoudre ce problème.

Donc oui, nous avons été impliqués dès le début avec les États membres. Et il est juste de dire que la coopération avec les États membres a été extrêmement élevée.

Modératrice : Je vous remercie. Nous avons à nouveau une question du Kenya, de James Mbugua du Government Business Review : « Quelle assistance immédiate les États-Unis sont-ils en mesure et désireux d’offrir au Kenya, en particulier, pour la lutte contre le COVID-19 ? »

Nous avons des questions similaires sur le Zimbabwe et d’autres pays. Donc, Dre McMorrow, vous voudrez peut-être répondre à cette question de manière générale sur ce que font les États-Unis.

Dre McMorrow : Bien sûr. Donc le – 274 millions de dollars initiaux ont été mis à disposition par l’USAID, et nous travaillons assurément sur la réponse mondiale pour donner la priorité aux programmes dans les pays où l’assistance est la plus nécessaire et aura le plus grand impact.

Le 26 mars, le secrétaire d’État Mike Pompeo a annoncé que les États-Unis ont mis à disposition des fonds supplémentaires par le biais de la loi du président des États-Unis Coronavirus Aid Relief and Economic Security Act. Et ce projet de loi comprend 258 millions de dollars supplémentaires pour la programmation humanitaire de l’USAID, et des ressources supplémentaires qui portent la réponse mondiale conjointe de l’USAID et du département d’État à plus de 2 milliards de dollars. Et en plus de ces fonds, le Congrès a inclus dans ce projet de loi 300 millions de dollars pour l’aide internationale aux Centres pour le contrôle des maladies des États-Unis.

Donc, je pense que nos engagements ont été assez substantiels jusqu’à présent, et nous pouvons espérer qu’ils se poursuivront.

Modératrice : Je vous remercie. Nous avons une question de Marlene du journal Le Point, et sa question est la suivante : « Comment pouvons-nous utiliser les ressources numériques dans le domaine de la santé numérique pour aider à soulager certaines des souffrances dans les pays africains ? »

Dr. Nkengasong ?

Dr Nkengasong : Oui, je pense que c’est une question qui vient fort à propos. Nous – en particulier dans le domaine de la gestion des cas. Et nous recherchons des partenariats pour améliorer, grâce à la télémédecine, la capacité à prendre en charge ces patients. Cela – nos patients qui auraient – qui, bien sûr, nos chiffres commencent à augmenter.

Je pense donc que les dispositifs ou la technologie numériques joueront un rôle très important dans ce domaine, surtout maintenant qu’il est très difficile de voyager à travers le continent. Nous devons fournir une partie de ce soutien technique par le biais de plateformes de support numériques. C’est donc un domaine que nous explorons très attentivement à l’Africa CDC.

Dre McMorrow : Oui, j’ajouterai simplement que c’est un domaine dans lequel l’Afrique excelle vraiment. La technologie de la téléphonie mobile en Afrique est vraiment très avancée. Et je pense qu’ici, en Afrique du Sud, nous étudions toutes sortes de façons d’utiliser la technologie numérique pour diffuser des messages pédagogiques pour la communauté, afin de rappeler aux personnes qui ont été positives de rester isolées, pour nous aider à surveiller et à suivre les symptômes des patients dans tout le pays, et pour rechercher des types de zones sensibles locales ou des zones potentiellement sensibles de transmission de la maladie.

Je pense donc que la technologie numérique jouera un rôle très important de plusieurs façons dans la lutte contre le virus en Afrique, sur tout le continent.

Modératrice : Je vous remercie. Nous sommes à la fin de notre session numérique d’aujourd’hui. J’aimerais demander à nos participants s’ils souhaitent ajouter quelques mots de conclusion avant que nous ne clôturions cette séance. Avant cela, nous voulons rappeler à beaucoup de nos participants que, s’ils ont encore des questions, ils peuvent nous les soumettre avant la fin de l’appel, et nous ferons de notre mieux pour les transmettre à nos intervenants et vous apporter une réponse.

Nous commencerons par la Dre McMorrow. Une conclusion ?

Dre McMorrow : Merci, Marissa. Cela a été une belle occasion pour parler et entendre vos questions, et je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que nous sommes ensemble dans cette lutte pour essayer de maintenir les Africaines et les Africains en bonne santé et pour aider les États-nations africains et les États membres de l’Africa CDC à gérer au mieux cette épidémie et à sauver autant de vies que possible. Nous espérons donc que certaines de ces réponses vous ont été utiles pour communiquer avec vos communautés locales, et vos questions supplémentaires sont les bienvenues.

Modératrice : Dr. Nkengasong ?

Dr Nkengasong : Je vous remercie pour cette opportunité. Je voudrais juste terminer en disant qu’il s’agit d’une crise mondiale. L’Afrique fait partie de cette crise, et nous avons besoin d’actions mondiales et de la solidarité internationale. Il doit être clair que la bataille – la victoire devra être mondiale. Nous ne pouvons pas éliminer le COVID dans un pays dans le monde si elle persiste encore dans une partie du monde. Je pense donc que cela exige que nous exercions une solidarité mondiale, et de toute urgence pour l’Afrique. Nous avons encore la possibilité de faire quelque chose en Afrique, mais nous avons besoin de soutien et nous avons besoin d’un partenariat rapidement. Sinon, notre situation sera dévastatrice.

Modératrice : Je vous remercie. Voilà qui conclut le point de presse d’aujourd’hui. Je tiens à remercier la Dre Meredith McMorrow, médecin de la Division grippe des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis, et le Dr John Nkengasong, directeur du Centre africain pour le contrôle des maladies, de s’être adressés à nous aujourd’hui. Et merci à tous nos journalistes d’avoir participé à notre tout premier point de presse Zoom.

Si vous avez des questions concernant le point de presse d’aujourd’hui, vous pouvez contacter le Centre médiatique régional de l’Afrique à l’adresse AFMediaHUB@state.gov. Je vous remercie.